Un blog lancé en 2013, une boutique à New York au 24e étage d’un immeuble Art Déco, un espace café aux allures milanaises au Bon Marché Rive Gauche, et une communauté de passionnés de design qui continue de grandir. The Socialite Family n’est pas exactement un magazine déco comme les autres. C’est un objet hybride, difficile à classer, qui a su faire coexister l’édition de contenu, la création de mobilier et le commerce dans un équilibre rare. Derrière ce projet parisien se trouvent deux fondatrices, Constance Gennari et Marianne Gosset, dont le tandem créatif a progressivement transformé un espace de narration en marque de design d’intérieur à part entière. La trajectoire est aussi singulière que les pièces qu’elles produisent : des tables basses en marbre émeraude, des canapés en laine, des vases en céramique et verre soufflé, chaque objet portant la signature d’un univers empruntant autant aux années 1930 qu’aux seventies. Ce qui fascine, c’est moins l’esthétique en elle-même que la cohérence absolue du projet, de la ligne éditoriale aux collections fabriquées en Europe.
Ce qu’il faut retenir
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- The Socialite Family est né en 2013 comme blog déco et s’est transformé en marque de mobilier et d’objets de décoration, tout en conservant son média.
- La marque est présente physiquement à Paris, Lyon, au BHV Marais, au Bon Marché Rive Gauche et à New York.
- Les collections, fabriquées en Europe, s’inscrivent dans une démarche de circuit court et de qualité artisanale.
- Le modèle « media x brand » est au cœur de l’identité de TSF : le contenu inspire les collections, et les collections alimentent le contenu.
Du blog de quartier au phénomène de design d’intérieur
Tout commence en 2013, quand Constance Gennari, passée par le lycée Janson de Sailly et l’Assomption Lübeck, ouvre les portes d’intérieurs de familles trentenaires férus de design. L’idée n’a rien de révolutionnaire sur le papier. Mais l’exécution, elle, change tout.
Ce que The Socialite Family propose dès ses débuts, c’est une mise en scène de l’intime : des appartements parisiens rive gauche, des lofts dans l’est de la capitale, des maisons de famille avec leurs imperfections et leurs choix assumés. Le regard porté sur ces espaces est celui d’un observateur curieux, jamais condescendant, toujours complice.
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La communauté créative qui se forme autour du projet est la première à valider cette ligne éditoriale. Les lecteurs ne cherchent pas des intérieurs de magazines retouchés à l’excès ; ils cherchent de la matière vivante, des intérieurs chaleureux avec du caractère, des choix qui racontent quelque chose de leurs habitants. TSF l’a compris avant presque tout le monde.
Le magazine déco qui est devenu éditeur de mobilier
Le tournant est progressif mais logique. Quand on passe ses journées à observer les intérieurs des autres, à décrypter ce qui rend une pièce magnétique, à comprendre pourquoi un canapé rouge brique change l’énergie d’un salon, on finit par vouloir créer soi-même. C’est exactement le chemin qu’ont suivi Constance Gennari et Marianne Gosset.
Les collections qu’elles développent portent toutes des noms italiens — la lampe Gioia, la table basse Carlotta, les tapis Roma, les appliques Brera, les canapés Rotondo, les fauteuils Cavallo — comme un hommage discret à ce pays qui a longtemps dicté les codes du design d’intérieur contemporain. Chaque pièce est pensée à Paris et fabriquée par des artisans européens.
L’équipe, qui compte une vingtaine de collaborateurs, travaille depuis le 12 rue Saint-Fiacre, dans le 2e arrondissement parisien. Contenus, meubles, objets décoratifs : tout est conçu en interne. C’est rare, et c’est précisément ce qui confère à la marque sa cohérence stylistique.

Un style immédiatement reconnaissable, entre héritage et audace
TSF a une signature que les amateurs de décoration identifient au premier coup d’œil. Elle repose sur un dialogue constant entre les années 1930 et les seventies, deux décennies qui partagent un goût pour les formes généreuses, les matières nobles et les couleurs affirmées. Marble, laine, céramique soufflée, velours : la palette matière est aussi cohérente que restreinte.
Comme l’exprime Constance Gennari : « La collection de The Socialite Family reflète ce goût pour les mélanges ». Ce n’est pas de l’éclectisme dilettante — c’est une vision éditoriale appliquée à l’objet. Chaque pièce dialogue avec les autres sans pour autant s’effacer.
Parmi les collaborations qui ont renforcé cette identité, celle avec Lisa Gachet, fondatrice de Make my Lemonade, ou encore avec l’architecte et décoratrice Vanessa Faivre. La marque Carel, emblème de la maroquinerie française, a même confié à TSF le design et le décor de sa boutique de la Madeleine. Ce type de collaboration croisée dit beaucoup sur la légitimité acquise.
Les pièces emblématiques de la collection
La gamme actuelle couvre l’essentiel des besoins d’un intérieur contemporain, sans jamais tomber dans le catalogue généraliste. Voici les pièces qui ont forgé la réputation de la maison :
- La lampe Gioia : une silhouette reconnaissable, déclinée en plusieurs coloris et matières selon les saisons.
- La table basse Carlotta : pièce signature, revisitée en continu pour rester ancrée dans les tendances déco sans perdre son âme.
- Les tapis Roma : des motifs seventies qui réchauffent aussi bien un parquet parisien qu’un sol en béton ciré.
- Les vases Duetto : en céramique et verre soufflé, à composer selon ses envies.
- Les canapés Rotondo et fauteuils Cavallo : des formes généreuses habillées de tissus naturels.
- La collection Les Imparfaits : une ligne de mobilier qui célèbre les irrégularités et l’authenticité de la matière travaillée à la main.
- Les plaids Miuccia et coussins Divino : des accessoires textiles qui finissent un intérieur avec justesse.
Chaque lancement est soigneusement mis en contexte par le média de la marque, ce qui crée un effet de désir narratif difficile à reproduire sans cette synergie éditoriale.
Le réseau de boutiques : une présence physique pensée comme une expérience
La stratégie de déploiement physique de TSF ne ressemble pas à celle d’une enseigne classique. Chaque ouverture est une déclaration d’intention.
| Lieu | Adresse / Espace | Date d’ouverture | Spécificité |
|---|---|---|---|
| Paris – Showroom | 12 rue Saint-Fiacre, 2e arr. | Origine de la marque | Siège, espace de création et showroom |
| BHV Marais, Paris | Grand magasin parisien | Février 2020 | Espace en grand magasin |
| Lyon – Quartier des Antiquaires | Quartier des Antiquaires | Avril 2022 | Point de référence design en région |
| Bon Marché Rive Gauche, Paris | Caffè L’Appuntamento | Avril 2023 | Boutique déco + café aux allures milanaises |
| New York – Financial District | 1 Wall Street, 24e étage | 2019 | Showroom nommé L’Appartement, immeuble Art Déco de Ralph Thomas Walker |
L’ouverture à New York mérite qu’on s’y attarde. Le choix du 1 Wall Street, un bâtiment conçu dans les années 1930 par l’architecte Ralph Thomas Walker, n’est pas anodin. L’immeuble Art Déco entre en résonance directe avec l’esthétique de la marque. Le showroom, baptisé L’Appartement, installe TSF dans une conversation internationale sur le design de qualité.
Le Caffè L’Appuntamento au Bon Marché illustre une autre facette de la stratégie : créer des expériences sensorielles complètes, où l’on vient autant pour boire un café que pour rêver à son prochain intérieur. Un format hybride qui préfigure peut-être ce que seront les espaces commerciaux de demain.
Un modèle média x marque qui redéfinit l’inspiration maison
Ce qui distingue fondamentalement The Socialite Family des autres acteurs du design d’intérieur, c’est la persistance de son média. Chaque semaine, la plateforme éditoriale emmène ses lecteurs dans des intérieurs de familles contemporaines : un appartement avec toit-terrasse dans l’est parisien, un manoir victorien à Brooklyn, un havre avec vue sur le canal Saint-Martin.
Ce contenu nourrit la marque de façon circulaire. Les reportages exclusifs dans des maisons d’hôtes ou des hôtels singuliers alimentent les collections à venir. Un voyage à Milan peut donner naissance à une nouvelle déclinaison de tapis. Une famille rencontrée à Lyon peut inspirer une gamme de luminaires. Le média n’est pas un outil marketing ; c’est la matière première du processus créatif.
Marianne Gosset le formule sans détour : « En mettant nos idées, nos façons de penser et nos savoir-faire en commun, nous serons plus forts pour faire valoir l’innovation créative française en France et à l’étranger. » Une ambition qui inscrit TSF dans le mouvement plus large de La French Touch, cette capacité française à transformer un savoir-faire artisanal en objet de désir universel. Un peu comme la Villa Léopolda sur la Côte d’Azur, TSF incarne ce luxe français qui allie narration et raffinement.
Pourquoi la communauté créative continue de plébisciter TSF
Les marques qui durent plus d’une décennie dans le secteur du style de vie et de la décoration sont rares. La plupart s’essoufflent dès que la tendance qui les a portées se retourne. The Socialite Family a évité ce piège en construisant quelque chose de plus solide qu’une esthétique : une posture éditoriale.
La marque ne vend pas de l’aspirationnel désincarné. Elle vend des objets qui s’intègrent à des vies réelles, des familles avec des enfants, des appartements qui ne sont pas des plateaux de shooting. Cette proximité avec le quotidien — ce refus de la perfection glacée — est exactement ce que recherche une génération de consommateurs lassée des visuels filtrés.
La famille et la décoration comme terrain d’exploration plutôt que comme simple argument commercial : c’est peut-être là que réside la véritable singularité du projet. Et si TSF continue de fasciner, c’est parce que chaque intérieur présenté, chaque collection lancée, chaque pop-up store ouvert raconte la même histoire — celle d’espaces habités avec intention. Pour ceux qui souhaitent fixer solidement leurs objets décoratifs sans abîmer leurs murs, l’attention aux détails pratiques complète naturellement cette vision du beau qui dure.
